“Je n’ai jamais rien fait d’aussi dur”

J’apprends des choses tous les ans ; et dans l’engagement et l’investissement, j’en mets de plus en plus à chaque fois. C’est hyper exigeant. Il faut aller jusqu’au bout. Je ne me suis jamais autant impliqué physiquement. Je suis cramé.

10.05.2016

À quelques heures de l’arrivée, François Gabart commence à réaliser l’exploit qu’il s’apprête à signer. Entretien.

Alors qu’il est attendu à New York entre minuit et 2 heures du matin heure française, François Gabart prend conscience de l’exploit qu’il est en passe d’accomplir. Le vainqueur du Vendée Globe, de la Route du Rhum et de la Transat Jacques Vabre s’apprête à inscrire la plus ancienne des courses au large en solitaire à son palmarès. Entre concentration des derniers instants et début d’euphorie, il livre ses sensations à seulement 60 milles de l’arrivée.

« Cela a été dur, je sais que j’ai fait une super course, je suis super content. Je suis fatigué et content d’arriver pas loin de la ligne d’arrivée, ça me réjouit. Il y avait un dernier gros obstacle qui était la dorsale et à priori, je pense que je suis passé du bon côté, et là et cela devrait bien se passer.

Ce n’est pas rien de traverser l’Atlantique sur un bateau comme ça, je suis content de l’avoir fait.

Je crois que c’est le truc le plus dur que je n’ai jamais fait dans l’engagement, parce que mine de rien tu progresses d’année en année. J’apprends des choses tous les ans ; et dans l’engagement et l’investissement, j’en mets de plus en plus à chaque fois. C’est hyper exigeant. Il faut aller jusqu’au bout. Je ne me suis jamais autant impliqué physiquement. Je suis cramé. Aujourd’hui, ça va mieux, j’ai dormi un peu.

J’hésite un peu à aller dormir. Je vais faire quelques siestes. Ça va beaucoup mieux qu’hier soir ou ce matin. Je ne sais pas combien de temps je vais mettre à m’en remettre, mais il faudra du temps. Je ne suis pas capable d’en faire deux dans l’année des courses comme ça. Ça demande un tel investissement. Il faut faire attention, on approche des côtes. Je suis passé tout à l’heure juste à côté d’une bouée. J’étais à 38 nœuds juste à côté. En arrivant à New York, il va y avoir plein de cochonneries malheureusement. Je vais essayer de ne pas rencontrer des pêcheurs, des cargos. »

Les conditions sont plus faciles, mais ça n’est pas le moment de se prendre un pêcheur.

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