« Non vraiment, le bonheur n’est pas dans le près ! »

C’était l’enfer ces derniers jours ! (…) Sur cette course, ce qui me frappe, ce n’est pas tant l’effort physique qu’il faut déployer, mais plus la peur de la casse qui peut t’empêcher d’arriver

16.05.2016

Du près et des avaries pour tous, la fin de la Transat n'est pas simple

« Mer forte désordonnée, vent dans le pif ! Non vraiment, le bonheur n’est pas dans le près ! » Ces mots - extraits du carnet de bord de Loïck Peyron écrit en plein coup de vent ce week-end - sont toujours d’actualité ce lundi, après deux semaines de mer depuis le départ de The Transat bakerly. Aux prises avec des soucis techniques à bord de Pen Duick II, le triple vainqueur de la course a été contraint de renoncer à poursuivre sa route en hommage à la victoire, en 1964, d’Eric Tabarly qui forgea la légende de cette épreuve en solo majeur. N’étant plus en mesure de progresser face aux vents contraires dominants qui jalonnent le parcours Plymouth-New York, Loïck Peyron a décidé de faire demi-tour pour ramener, au portant, ce voilier mythique à bon port, à l’École Nationale de Voile et des Sports Nautiques de Quiberon.

Du près et des avaries pour tous

Pour les autres solitaires engagés dans la course, le régime « près pour tous » qui ne laisse que de trop courts répits, donne toute la mesure de cette Transat Anglaise. Dans des conditions dignes de la tradition, les marins doivent composer avec les nombreuses et inévitables avaries (voiles déchirées ou explosées, perte d’aérien..) qui animent leur quotidien agité.

« C’était l’enfer ces derniers jours ! (…) Sur cette course, ce qui me frappe, ce n’est pas tant l’effort physique qu’il faut déployer, mais plus la peur de la casse qui peut t’empêcher d’arriver et avec laquelle il faut composer », explique Edouard Goldbery (Région Normandie). En 5eme position de la flotte Class40, le jeune skipper, qui a mis du Sud dans sa route pour échapper au pire de la mer et du vent, peut néanmoins se réjouir d’avoir passé le plus dur. « Il nous reste encore trois jours au près un peu comme ça, une « dép’ » et un front un peu « vénère » à passer, et ce sera être bon… Enfin, j’espère ! »

Dans ces rangs, tous sont logés à la même enseigne météo. D’autant que la course bat toujours sont plein, notamment du côté des leaders qui n’échappent pas à leur lot de petites galères et ne doivent rien céder, dans ce contexte où le moindre pépin technique se paye cher en nombre de milles perdus. En tête Thibault Vauchel-Camus (Solidaires en peloton-ARSEP) ne fait toujours pas mentir son statut de favori. Mieux, fort d’un petit surplus de vitesse, il creuse un peu les écarts avec ses poursuivants : Phil Sharp (Imerys) qui concède désormais 25 milles, et Louis Duc (Carac) qui a reperdu du terrain sur sa route décalée au Sud.

Deux arrivées imminentes à New York

Chez les Multi50, cette journée de lundi est marquée par le bouleversement dans le classement entre les deux plus anciens bateaux, qui ont tracé leur trajectoire sur des routes radicalement divergentes. Érik Nigon (Vers un monde sans sida) a bel et bien pris l’avantage sur Pierre Antoine (Olmix) qui dès le départ s’était démarqué sur une option Nord affirmée. Quant à Lalou Roucayrol (Arkema), il connaît toujours des heures difficiles en approche de New York où se sont levés de forts vents d’Ouest (plus de 25 nœuds, rafales à 40). Cette brise contraire sur une mer formée rend sa remontée périlleuse et laborieuse à bord de son trimaran privé de dérive centrale. Pas étonnant donc que le skipper, en passe de prendre la deuxième place dans la catégorie des Multi50, progresse en crabe vers cette ligne l’arrivée, qui aura la saveur de la délivrance. Il devrait la franchir une heure environ après Paul Meilhat (SMA) attendu, lui, sur les coups de 20h, en 4è position dans la catégorie IMOCA.

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