Paroles de skippers

"J’ai préparé le bateau pour cette fin un peu plus sportive. Le bateau va bien. Les gars de l’équipe technique ont fait un super boulot, au vu du temps qui leur était imparti. Mis à part le souci de connexion que j’ai eu sur mon pilote, je n’ai aucun incident à déplorer." Paul Meilhat

10.05.2016

Les vacations de Paul Meilhat et Gilles Lamiré, le carnet de bord d'Erik Nigon

Gilles Lamiré (French Tech Rennes Saint-Malo) : « C’est une super course, je prends vraiment du plaisir ! J’essaye de bien me concentrer sur ce que je fais, je m’applique, parce que c’est dur. Et je me dis que si je fais tout bien, ça va continuer. On est très content de notre trajectoire. Yvan Bourgnon, qui me route, fait ça aux petits oignons et tout se déroule bien depuis le cap Finisterre. Quand il y a du vent, ça va bien, le bateau supporte bien la toile et peut tenir des cadences élevées. Le choix de cette route Sud a été mûrement réfléchi, ce n’était pas évident au début. Mais, on a pensé qu’au Nord, on n’éviterait pas le gros carton et surtout que les routages étaient peut-être un peu optimistes. Mais c’est vrai que je ne pensais pas faire une transat comme ça au portant au Sud des Açores, c’est incroyable ! »

Paul Meilhat (IMOCA - SMA) : « Là, c’est très calme. Je traverse la petite bulle anticyclone depuis une dizaine heures, le vent est faible, mais j’arrive encore à progresser à 10 nœuds. Le pire moment, ce sera dans 3-4 heures ; et puis après une petite zone de transition, je vais retrouver une dépression qui va me permettre de remonter vers New-York. J’ai préparé le bateau pour cette fin un peu plus sportive. Le bateau va bien. Les gars de l’équipe technique ont fait un super boulot, au vu du temps qui leur était imparti. Mis à part le souci de connexion que j’ai eu sur mon pilote, je n’ai aucun incident à déplorer. On a eu des infiltrations d’eau sur les répétiteurs de pilote. J’ai donc été obligé de les shunter, de me mettre à la cape pendant quelques heures et de sortir ma panoplie d’électricien pour changer des fils, refaire des gaines propres, le tout par près de quatre mètres de creux… Je considère l’exercice comme un très bon entraînement dans la perspective des courses à venir. Maintenant, je reste dans les limites du raisonnable, j’anticipe beaucoup sur les changements de voiles, je n’ai aucun intérêt à attaquer trop fort. Je ne me trompe pas d’objectif : la qualification d’abord…»

"J'attends avec impatience les prochains jours pour voir arriver doucement NY et commencer le décompte des milles restant." Érik Nigon

Érik Nigon (Multi50-Vers un monde sans sida) : « Il y a aussi des problèmes de rail au milieu de l’Atlantique ! J’ai arraché un bon 50cm de rail de chariot de grand voile dans une rafale sous GV à un ris. Évidement les chariots se sont envolés avec l’écoute mais par chance j’ai pu en récupérer trois avec leurs billes. Après avoir scié un bout du bout cassé, j’ai pu le remettre vaguement en place et surtout remettre les chariots sur le bout pas cassé. Une bonne heure de bricolage toutes voiles affalées, mais c’est reparti quasiment comme neuf (juste 29 ans d’âge, un gamin ce canot !) Je ne lâche rien ! J’attends avec impatience les prochains jours pour voir arriver doucement NY et commencer le décompte des milles restant. Il y a aussi du positif bien sûr car je commence à me mettre en tenue légère (mais étanche !) et j’ai vu mes premiers poissons volants. »

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