Paroles de skippers

« J’ai trouvé que le temps a été un peu trop musclé pour une première transat en solitaire. J’ai pas mal stressé. J’ai contourné la dépression d’une manière un peu conservatrice, mais au moins je n’ai rien cassé... Anna-Maria Renken

10.05.2016

Les vacations du jour : Isabelle Joschke, Anna-Maria Renken, Érik Nigon

Isabelle Joschke (Class40-Generali Horizon Mixité) : « Là, je suis en pleine action, je suis juste dans le front en train de préparer mon virement de bord qui va arriver dans l’heure qui vient. Avec Thibaut (Vauchel-Camus), on se voit régulièrement, hier on s’est vu pendant longtemps. Là, il y a une mauvaise visibilité, on a eu de la brume et de la pluie. Et puis de temps en temps, je le vois à l’AIS. C’est vrai qu’en ce moment, c’est assez rigolo, on est très proche et on se tire un peu la bourre. Je trouve ça amusant, mais en même temps, c’est fatiguant ! Sinon, je ne me fais pas non plus d’illusions : dès que le vent se lève, il a un bateau qui est très différent du mien donc il reprend plus facilement un peu d’avance. Pour la suite, très concrètement les deux prochains jours vont être très, très compliqués avec plein de phénomènes à traverser, du vent, pas de vent, et du courant… Plein de choses qui ne vont pas super bien ensemble, et je pense que ça va être compliqué… Avec ou sans Thibaut ! »

« Le bateau est à 90% de ses possibilités, donc tout va bien (…) On est à mi-chemin, les routages nous indiquent 15 et demi - 16 jours pour rejoindre New-York » Erik Nigon

Anna-Maria Renken (Class40-Nivea) : « Là, je n’ai pas du tout de vent, je flotte, j’avance à 3 nœuds, une tortue avancerait plus vite que moi, je crois ! Depuis le départ, ça se passe bien, même si j’ai trouvé que le temps a été un peu trop musclé pour une première transat en solitaire. J’ai pas mal stressé. J’ai contourné la dépression d’une manière un peu conservatrice, mais au moins je n’ai rien cassé. À présent, je prends du plaisir, la distance pour rejoindre New-York devient plus courte que celle vers la maison, ça donne un bon coup de boost ! J’espère garder Hiroshi Kitada derrière moi, il va lui aussi tomber dans la molle. C’est un peu le « stop and go » pour la flotte entière. Le but reste d’arriver à New-York sans casser des trucs, mais j’aimerais aussi garder un peu le couteau entre les dents pour attaquer un peu plus et revenir sur ceux devant moi. Là, il ne fait pas du tout froid, j’ai même vu des oiseaux. C’était humide bien sûr quand j’étais derrière la dépression. J’essaye aussi de dormir un maximum, de manger. J’ai aussi changé de tee-shirt, hier, après 8 jours. Je crois que les produits Nivea ont beaucoup apprécié ce jour là ! (rires) Je suis contente parce que je n’ai pas de casse. J’ai eu des petits soucis avec les voiles, mais j’ai évité de monter dans le mât. Tout marche très, bien. J’ai fait un peu de bricolage au niveau de l’électronique, et maintenant le bateau est en très bon état. »

Érik Nigon (Vers un monde sans sida) : « Ce matin, j’ai perdu mon aérien, ça commence à s’accumuler un petit peu. Donc, je n’ai plus de trinquette, il faudrait que je puisse monter dans le mât pour voir si j’arrive à la raccrocher. J’ai arraché un bout de rail de mon écoute de grand voile, par chance j’ai réussi à remettre un peu tout en place, mais je vais essayer de ne pas trop tirer dessus. Et puis ce matin, je me suis aperçu que je n’avais plus d’aérien, c’est un petit peu embêtant pour faire le tour de l’anticyclone. Maintenant le bateau est à 90% de ses possibilités, donc tout va toujours bien ! L’avantage d’être dans le Sud, c’est de pouvoir faire du 20 nœuds en tee-shirt. On est au portant, et ça glisse pas mal. Le passage de la dépression a été vraiment chaud, mais je ne peux pas me plaindre des conditions météo. Par rapport à mon concurrent de la classe Multi50, la situation reste pour l’instant pas très claire. Il y a quelques passages délicats qui vont arriver. On est à mi-chemin, les routages nous indiquent 15 et demi - 16 jours, dans ces eaux là, pour rejoindre New-York. J’attends d’avoir fini de contourner l’anticyclone. Demain matin, j’empannerai, et là, on pourra commencer à mettre le compte à rebours. »

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