Retard à l’atterrissage

J’ai passé ces dernières heures avec vraiment pas beaucoup de vent. Je me fais encalminer. Il me reste un peu de chemin. L’arrivée sur New York est difficile. Cela va revenir par derrière, c’est sûr, mais je préfère être en tête, cela va être pareil pour Sodebo

10.05.2016

François Gabart, aux prises avec des conditions de vent aléatoires, est attendu d'ici une douzaine d'heures à New York

À l’image de François Gabart (Macif), aux prises avec des conditions de vent aléatoires à l’approche de New York, la plupart des solitaires de The Transat bakerly alternent vents contraires et calmes incertains…

La nuit américaine ne s’est pas déroulée comme prévue : les petits airs qui s’éparpillent au gré des veines de chaleur et des bulles de froid qui se mélangent entre les côtes et le courant chaud du Gulf Stream, rendent l’atterrissage sur New York plus laborieux qu’imaginé. Car le TGV Atlantique s’est mué en micheline poussive ! Il y a des arrêts impromptus, des départs imprévus, des ralentissements prolongés, des accélérations éphémères, pour finalement une progression vers le but, New York, chaotique. La route est cabossée, sinueuse, piégeuse, et pour le moins alternative. Comme le courant contraire océanique qui mixte volutes, spirales et tourbillons. Et ce ne sont pas les cartes et les logiciels aussi sophistiqués soient-ils, qui peuvent épauler un solitaire en pleine nuit, sans lune, après 3 000 milles de mer, sur un bateau de trente mètres, portant plus de 400 m2 de toile !

Joint très rapidement ce matin à l’aube, le skipper de Macif confirme que ces dernières heures de course n’ont rien d’une partie de plaisir au gré de ces pannes de vent aléatoires. Il faudra donc patienter encore avant de voir la première voile apparaître à l’horizon et même si Thomas Coville (Sodebo) rend encore près de la moitié de la distance à parcourir au leader François Gabart (Macif), un retournement de situation n’est pas à exclure. Une veine de vent contre un calme prolongé et la hiérarchie bascule en quelques heures…

"On est très content de notre de trajectoire. Yvan Bourgnon, qui me route, fait ça aux petits oignons. Le choix de cette route Sud a été mûrement réfléchi, ce n’était pas évident au début. Mais, on a pensé qu’au Nord, on n’éviterait pas le gros carton et surtout que les routages étaient peut-être un peu optimistes." Gilles Lamiré

Derrière les Ultime, c’est Gilles Lamiré (French Tech Rennes-Saint Malo) qui se positionne pour contrôler un retour (éventuel) de Lalou Roucayrol (Arkema) : ce dernier va devoir traverser une zone de vents faibles en bordure d’anticyclone mais le leader des Multi50 n’est pas non plus à l’abri d’un coup de frein avec ces bulles sans vent qui pétillent ces dernières heures au large de New-York.

En file indienne, les trois premiers IMOCA frisent la zone d’exclusion des glaces à la recherche d’une brise de Sud-Ouest qui semble persister le long des côtes de la Nouvelle-Écosse. Et même s’il y a de l’écart entre Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) et ses deux poursuivants, Vincent Riou (PRB) à 60 milles et Jean-Pierre Dick (St Michel-Virbac) à 140 milles, les conditions météo qui s’annoncent dès la nuit prochaine ne sont pas propices au moindre pronostic !

Enfin, chez les Class40, qui des Nordistes accrochés à la bordure des icebergs ou du « centriste » Louis Duc (Carac) glissant tout seul dans le sillage de Lalou Roucayrol aura raison à Sandy Hook ? L’un trace sa route à près de neuf nœuds, les autres oscillent entre 4 et 7 nœuds… Avec en plus un mur devant à ne pas franchir sous peine de pénalité ! Cela limite sérieusement les ouvertures tactiques alors qu’il reste la moitié du parcours de The Transat bakerly à couvrir.

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