Stop & go !

« Au Sud, la météo est beaucoup plus franche pour les jours à venir ! Si mes camarades du Nord arrivent à déjouer les obstacles qui se placent devant eux, ils risquent de recroiser devant ; s’ils s’arrêtent un peu, je pourrais potentiellement repasser devant. » Louis Duc

10.05.2016

Si les Ultime peinent à en finir, ce n’est pas non plus la voie royale pour les Multi50 et Class40 souvent englués dans des bulles !

En fait, l’océan est en train de changer de visage et ces jours paisibles sont l’annonciation d’un temps pourri : les bulles qui pétillent sur la côte Est des Etats-Unis sont les prémices d’une double spirale infernale canadienne… Dès jeudi, les parages de Terre-Neuve seront tumultueux puis les cieux new-yorkais subiront la tourmente dès le week-end prochain ! Alors pour les poursuivants des Ultime, The Transat bakerly sera fidèle à sa réputation de course dure, contraire, agitée, voire tempétueuse. Loïck Peyron (Pen Duick II) pourrait en subir de plein fouet les effets dévastateurs, comme Éric Tabarly en 1976 sur Pen Duick VI !

Ces conditions météorologiques ne sont pas plus favorables aux autres classes : Gilles Lamiré (French Tech Rennes-Saint Malo) peine aussi dans les petits airs instables à 1 000 milles de New-York. Et si le leader des Multi50 possède plus de 200 milles de marge sur son poursuivant direct Lalou Roucayrol (Arkema), sa progression vers l’arrivée s’annonce comme un long, très long calvaire. Et il en sera de même pour Erik Nigon (Vers un monde sans Sida) qui sur le 28° Nord, va devoir remonter dans une succession de bulles sans vent ces trois jours prochains ! Et ce n’est pas l’extase non plus au Nord où Pierre Antoine (Olmix) va aussi se débattre dans un marécage sans vent en compagnie des premiers Class40.

« Il va falloir se creuser la cervelle jusqu’au point Sud de la zone d’exclusion, parce qu’ensuite, on risque d’avoir un long bord de reaching où il ne passera pas grand-chose. » Thibaut Vauchel-Camus

Car les leaders des 40 pieds vont se faire engluer par la dépression en cours de formation au large de Terre-Neuve : avant de naître, une perturbation suce l’atmosphère pour la faire tourner sur elle-même en un tourbillon qui se transforme en dépression. Mais l’enfantement prend parfois plusieurs jours et Isabelle Joschke (Generali-Horizon Mixité) désormais en tête de la flotte des Class40, va aussi en subir les affres pendant un certain temps ! Obligée de longer le « mur » marquant la zone d’exclusion des glaces. La descente va être fort laborieuse dans une brise peu coopérative… Et le topo sera le même pour ses poursuivants alors qu’il reste 1 400 milles à courir : Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en peloton-ARSEP) à 7 milles derrière, Phil Sharp (Imerys) à 18 milles, Edouard Golbery (Région Normandie) à 49 milles…

« C'est évidemment une grande déception. C'est la première fois que j'abandonne une grande course. Mais dans la tempête où je me trouvais, je n'avais pas d'autre choix que me mettre en fuite et opter pour cette solution de repli. » Armel Tripon

Seul Louis Duc (Carac) pourrait trouver la bonne veine des vents, même s’ils seront contraires, pour combler son retard d’une centaine de milles et déborder tout le monde par le Sud, puisque son écart latéral atteint près de 400 milles ! Enfin, Armel Tripon (Black Pepper-Les ptits doudous par Moulin Roty) a décidé de jeter l’éponge aux Açores : il a annoncé à la Direction de Course son abandon suite à la série d’avaries qu’il a subie dans la dépression du week-end dernier. Bref, la course des Class40 a des allures de « stop and go » : il faudra passer d’une veine de vent à l’autre en zigzaguant entre les bulles…

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