Ultime bataille et guerre des nerfs

New-York, c’est vraiment au fond d’une grande baie. Géographiquement, c’est un endroit très enclavé, ça peut rester très mou pendant des heures et revenir d’un endroit improbable d’une façon qu’on imagine même pas ! Thomas Coville

10.05.2016

New-York se fait désirer. En approche de la ligne d'arrivée, Macif et Sodebo enchaînent les manœuvres dans des conditions éreintantes...

Dur, dur pour les nerfs des deux protagonistes de tête qui ne doivent pas ménager leur peine pour rejoindre la ligne de la délivrance mouillée sous haute tension au large de Big Apple. Au dernier classement, François Gabart (Macif) tient toujours la corde pour décrocher la victoire sur The Transat bakerly au scénario haletant. A moins de 150 milles de l’arrivée, il peut compter sur son avance de 100 milles pour l’emporter. Pourtant, Thomas Coville (Sodebo), fidèle à lui même, ne cède rien, paré à saisir la moindre opportunité qui voudrait bien souffler dans ses voiles dans des conditions météo aléatoires et incertaines qui attisent le suspense.

La voix fatiguée mais déterminée, celui qui fête aujourd’hui son 48è anniversaire confirme que tout reste encore possible, le temps de cette Ultime bataille à la hauteur du duel au sommet que ces deux solitaires livrent depuis qu’ils ont laissé Plymouth dans leurs tableaux arrières.

Thomas Coville (Sodebo) : « C’est très, très compliqué, et cela l’a été toute la nuit. Je pense que pour nos deux bateaux, cela n’a pas été simple du tout et cela va continuer comme ça jusqu’au bout avec beaucoup de manœuvres, des trajectoires pas faciles, pas forcément évidentes à réaliser avec nos bateaux. C’est intéressant jusqu’au bout ! On a fait un début qui ressemble plus à Cadix- San Salvador (Route de la Découverte, ndlr). Mais on finit dans du près, dans des conditions qui ressemblent plus à The Transat bakerly. D’ailleurs, ça s’est clairement refroidi depuis ce matin, tout comme la température de l’eau. Et là il faut encore mettre beaucoup d’énergie pour faire les dernières grosses manœuvres avec nos grosses voiles. Jusqu’au bout, on peut se faire engluer longtemps. New-York, c’est vraiment au fond d’une grande baie. Géographiquement, c’est un endroit très enclavé, ça peut rester très mou pendant des heures et revenir d’un endroit improbable d’une façon qu’on imagine même pas ! »

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