Un jour sans fin

« Ce n’est pas très drôle cette arrivée : on a beau dépenser beaucoup d’énergie, le gain au but est maigre. L’objectif reste de ne rien casser d’ici l’arrivée. Il me reste encore plus ou moins 48h de course et on n’est jamais à l’abri d’une bêtise. Je reste très attentif… » Yves Le Blevec

10.05.2016

À moins de cent milles de la statue de la Liberté, François Gabart peine pour la délivrance, prisonnier des vents erratiques de New-York…

L’arrivée du premier solitaire à New-York traîne en longueur : les vents instables passant de 5 à 25 nœuds en quelques instants, rendent cette fin de parcours particulièrement longue et laborieuse pour les trois trimarans Ultime qui mènent The Transat bakerly… À moins de 80 milles de la ligne mouillée par la Sandy Hook Pilot Association, François Gabart semble désormais intouchable avec 90 milles de marge sur Thomas Coville qui fête ce jour son 48ème anniversaire !

Le jour se lève sur Big Apple et la brise est aux abonnés absents ! Un voile grisâtre surplombe Manhattan et le flambeau doré de la statue de la Liberté n’illumine pas l’ambiance plombée de l’Hudson River et du célèbre pont de Verrazano, en hommage au Vénitien qui explora la baie en 1524. Et au large de Long Island, l’atmosphère est aussi lascive : Éole fait des siennes, envoie un souffle puis se repose et les machines à vent ont bien du mal à suivre ce rythme alternatif. 27 nœuds au compteur, puis un nœud, 18 au speedomètre puis 12 quelques encablures plus loin. Le plan d’eau est patché de risées évanescentes, de tâches de brise, de rides erratiques, de bouffées éphémères : cette mosaïque rend la progression en à-coups, retardant et avançant le bouquet final au gré de ces humeurs aléatoires.

En ce 10 mai, Thomas Coville fête son 48ème anniversaire, un jour particulier à quelques dizaines de milles seulement de l’arrivée devant Sandy Hook !

Toutefois, François Gabart (Macif) ne semble plus pouvoir être inquiété par Thomas Coville (Sodebo) qui baigne dans le même marasme climatique : la dépression canadienne vient perturber les monocoques IMOCA au large de Terre-Neuve, mais derrière elle un marais barométrique piège les leaders Ultime dans marécage nauséeux. Les dernières estimations font état d’un final vers 17h00 locales (soit 23h00 heure française) pour le jeune skipper et une arrivée plus d’une demie journée plus tard pour le deuxième !

Un écart abyssal en temps pour un delta distance ridicule… La loi océanique est intemporelle. Yves Le Blévec (Team Actual) devra probablement patienter une journée de plus que le vainqueur : sa délivrance n’est programmée que pour jeudi après-midi. Mettre si peu de temps pour engranger plus de 3 500 milles sur l’Atlantique (une semaine à plus de 25 nœuds de moyenne) et cumuler plus d’une journée et demie pour effectuer les 300 derniers milles !

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