Au-dessus du volcan

« Je suis plutôt satisfait de ma position et de mon choix plutôt que de privilégier le Nord et d'accompagner le gros de la troupe. » Thibaut Vauchel-Camus

06.05.2016

Le vent va progressivement monter, mais surtout la mer va devenir très difficile à négocier avec houles croisées et vagues scélérates…

C’est une véritable éruption venteuse qui attend la flotte des Class40 ! Des coulées de lave à plus de quarante nœuds, avec des scories impromptues à près de cinquante… Car dans ce magma éolien, une nuée ardente venue du Sud-Est puis s’incurvant à l’Est pour finir au Nord va atteindre son paroxysme au lever du jour samedi. Un très mauvais moment à passer avec surtout une mer démontée à cause de ce balayage violent et rapide de la dépression, générant des houles croisées et des vagues scélérates au Nord de son centre.

« Je suis un peu nerveux de devoir faire face à ce système. Même si en restant en haut, je suis dans la meilleure position, ça va vraiment souffler fort. J'espère pouvoir me placer dans la zone la moins ventée demain, coté Est du système... avant d'affronter le coup de vent dans la nuit entre vendredi et samedi. » Phil Sharp (Imerys)

Car il n’y a désormais plus de choix : les solitaires ont eu le temps de modifier leur route pour aborder ce phénomène météo qui au départ de Plymouth, n’était pas prévu aussi brutal. Car comme sur toute transat Est-Ouest, il est très difficile de se projeter à plus de trois jours lorsque ces dépressions se créent sur les côtes américaines. Savoir qu’il va y avoir une perturbation oui, connaître exactement sa trajectoire et son intensité, non. Les Class40 vont donc devoir composer avec ces bourrasques violentes, ces pluies diluviennes, cette mer vicieuse que cette dépression açorienne produit sur son passage rapide vers l’Espagne.

« J'ai rangé le bateau en prévision de l'obstacle : une dépression bien active avec des barbules à 50 nœuds. C’est très rare et vraiment violent. On désactive le mode course pour gérer la sécurité. Il est possible que j'arrête le bateau, un moment proche du centre dépressionnaire, pour laisser passer le plus fort. » Louis Duc (Carac)

L’objet est désormais de maintenir sa trajectoire et dans le peloton positionné à la latitude de La Rochelle, Louis Duc (Carac) est le seul à ne pas avoir incurvé sa route vers le Nord : il passera donc très près du centre de la dépression où les vents sont les plus violents, mais l’avantage est aussi de sortir plus vite de ce mauvais pas. A une soixantaine de milles plus au Nord, le trio Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en peloton-ARSEP), Isabelle Joschke (Generali-Horizon Mixité) et Phil Sharp (Imerys) va aussi passer une nuit mouvementée, mais dans un premier temps très propulsive avec 30-35 nœuds de vent de Sud-Est. Et pour leurs quatre poursuivants encore plus au Nord, Édouard Golbery (Région Normandie), Robin Marais (Esprit Scout), Anna-Maria Renken (Nivea) et Hirisho Kitada (Kiho), leur positionnement devraient les prémunir du plus gros de la tempête même s’ils vont se faire bougrement secoués samedi matin !

Enfin, tout seul dans le Sud, Armel Tripon (Black Pepper-Les petits doudous par Moulin Roty) a profité de son décalage méridional pour prendre la tête du classement. Mais si sa journée d’hier était productive, il commence déjà à sentir les prémices de la dépression avec une brise tournant au Sud-Ouest en s’étoffant. A deux cent milles dans le sillage de Jean-Pierre Dick, le Nantais devrait aussi passer très près du centre, mais dans son Sud c’est-à-dire contre les vents de Sud-Ouest, puis Ouest… La mer sera peut-être un peu moins forte qu’au Nord, mais gare à la bascule au Nord-Ouest si l’œil de la dépression l’effleure ! Et à la sortie du phénomène, il ne faudra pas non plus trop flirter avec l’archipel volcanique açorien où les vents sont erratiques et la mer chaotique…

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