Paroles de skippers

"Pour l’instant la vie est belle, mais demain, ce sera une autre histoire." Jean-Pierre Dick à bord de St Michel Virbac

05.05.2016

Extraits des vacations du jour de Jean-Pierre Dick, Gilles Lamiré et François Gabart

Jean-Pierre Dick (IMOCA - St Michel Virbac) : « Il fait beau ce matin, c’est plutôt sympa d’avoir du ciel bleu. Pour l’instant la vie est belle, mais demain, ce sera une autre histoire. Mon option consiste à essayer de ne pas aller dans le centre de la dépression, de rester dans son Sud-Ouest tout en tentant de garder une route optimale. Il s’agit éviter d’avoir le plus gros du vent et de la mer dans la mesure des capacités du bateau et ne pas risquer la course sur un abandon. Demain, le vent va rentrer plus fort. Dans la nuit, vers minuit on devrait avoir de la pluie et les premiers signes annonciateurs. On devrait rester sous l’influence de cette dépression une bonne journée. Aujourd’hui, je vais préparer le bateau pour ça, cela demande du temps. Je suis encore au contact et j’espère pouvoir le rester. En tout cas j’apprends énormément de choses sur cette Transat bakerly, c’est positif pour le futur. »

Gilles Laminé (Multi50 - French Tech Rennes St Malo) : « Les conditions de navigation sont vraiment super sympa. C’est étonnant cette route Sud. Au départ, je ne pensais pas passer par le cap Finisterre, ni aux Acores, ni au Sud des Açores… A tel point que j’ai envoyé mes shorts par container à New-York ! Mais avec des bateaux rapides, on peut compenser la distance en tenant des bonnes moyennes, tout en préservant le matériel. »

François Gabart (Ultime - MACIF) : « Je progresse en bordure Sud de l’anticyclone des Açores, les conditions sont plus faciles que les jours précédents, la me s’est un peu calmée. On était au portant quasiment depuis le départ et c’était assez tonique le long des côtes du Portugal. A présent, on est dans un vent qui va mollir progressivement, on va frôler l’anticyclone dans son sud. On essaye de tracer notre chemin sans trop rallonger la route, mais sans passer trop près de son centre. On a pas mal manoeuvré depuis le départ, je ne sais pas combien d’empannages on a fait, j’ai dû en faire une dizaine depuis le golfe de Gascogne et ce n’est pas facile sur des gros bateaux comme ça. Heureusement, lors des 24 prochaines heures, on devrait rester sur le même bord. Le vent était très instable cette nuit avec des bascule de 60-70 degrés. Je suis tombé dans une molle à 5 noeuds que Thomas (Coville) n’a pas dû avoir. Là, j’ai un peu plus de vent que lui, on le voit sur le dernier classement, cela devrait être comme ça pendant encore 24 heures, cela devrait me permettre de combler ce que j’ai perdu cette nuit. On verra bien ! »

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