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Les premiers IMOCA attendus demain à New York

Alors que les premiers IMOCA, toujours menés par Yoann Richomme (IMOCA Paprec Arkéa), sont attendus demain sur la ligne d’arrivée de The Transat CIC aux alentours de 16h TU, la bataille continue de faire rage au sein de la flotte. A moins de 24 heures de l’arrivée, le jeu reste très ouvert et le podium toujours incertain. Du côté des Class40, l’heure des choix devrait sonner dans 24 heures. Ce dimanche, la flotte, menée par Ambrogio Beccaria (Alla Grande - Pirelli) progresse dans des conditions très musclées qui laissent peu de place au répit. Pour eux, l’heure des choix devrait sonner dans la journée de lundi. 


C’est la dernière de la course, ils vont devoir tout donner !

En IMOCA, à moins de 24 heures du dénouement de la course, le suspense reste intact sachant qu’actuellement, « un anticyclone pousse progressivement et prend de la place entre la ligne d’arrivée et la tête de flotte, avec des vents qui mollissent au fur et à mesure », comme l’indique Francis Le Goff, Directeur de Course. Ce phénomène empêche les skippers de faire route directe vers New York et les force à effectuer des empannages pour « trouver les meilleurs angles par rapport au vent qui existe mais qui est faiblissant jusqu’à la ligne d’arrivée », même si les dix bateaux de tête devraient réussir à passer avant cette bulle sans vent. La concentration s’annonce donc de mise pour les marins jusqu’à la ligne d’arrivée : « Il y a du tricotage au vent arrière à faire avec une série d’empannages. Yoann en est déjà au 3e. Les bateaux vont se croiser au gré des oscillations de vent, avec des gains de places possibles surtout qu’il peut y avoir des écarts par rapport aux fichiers. Les bouleversements restent possibles et le podium n’est pas joué même si Yoann dispose d’un petit avantage », observe Francis Le Goff, qui ajoute qu’il « va falloir continuer à aller vite, réfléchir à sa trajectoire, son placement par rapport aux autres, à où poser sa manœuvre pour ne pas perdre de temps, une petite erreur pouvant coûter très cher. Et essayer de passer avant que ça ne se referme devant eux et que les vents deviennent trop erratiques. C’est la dernière de la course, ils vont devoir tout donner ».


© RonanGladu / disobey. / Macif


Si Yoann Richomme a toujours les commandes de la flotte qui évolue en bordure sud de la zone de protection des cétacés (ZPC), les cartes ont été rebattues dans son sillage. Charlie Dalin (MACIF Santé Prévoyance), 2e hier, a cédé son fauteuil de dauphin à Boris Herrmann (Malizia – Seaexplorer), auteur d’une belle progression depuis hier, et qui pointait à 16,5 milles du leader à 17h. Derrière, Sam Davies (Initiatives-Cœur) et Charlie Dalin, qui accusaient respectivement 72,3 et 83,8 milles de retard sur Yoann Richomme, sont loin d’avoir dit leur dernier mot. De quoi laisser augurer d’un beau et haletant sprint jusqu’à la ligne d’arrivée. Selon la Direction de Course, la donne est un peu différente pour le groupe mené par Alan Roura (HUBLOT), qui pointe à plus de 300 milles derrière le leader. Si ce dernier conserve une petite chance de passer avant la bulle sans vent, « l’élastique risque de se retendre un petit peu entre le premier et le deuxième groupe qui pourrait avoir des vents plus faibles que le paquet de tête », ce qui pourrait accentuer les écarts à l’arrivée. Mais tout peut encore changer aussi au sein de ce groupe, où le match reste intense pour les places d’honneur. 


© DR


Sous la barre des 1000 milles

Ce dimanche, les Class40, dont les premiers sont passés sous la barre symbolique des 1000 milles avant l’arrivée, évoluent au portant dans 35 nœuds de vent établis avec des rafales à 40 nœuds, des conditions qui ne sont pas habituelles selon Francis Le Goff. Menée tambour battant par Ambrogio Beccaria qui a pris la poudre d’escampette et affiche des vitesses dignes d’un IMOCA avec 21 nœuds au compteur au pointage de 17h, la flotte progresse elle aussi à vive allure vers New York. L’enjeu pour l’italien sera de rester « très concentré pour passer l’anticyclone qui gonfle et monte vers le nord » pour tenter de conserver son avance sur ses poursuivants : 66,1 milles sur Ian Lipinski (Crédit Mutuel), 82,1 milles sur Fabien Delahaye (LEGALLAIS) au pointage de 17h.


Derrière, CAFE JOYEUX, IBSA, Pierreval - Fondation GoodPlanet et La Boulangère Bio traversent une zone de vent fort avec 40 nœuds et une mer courte. « Il commence à y avoir de l’écart au sein de la flotte, qui s’étire sur un peu moins de 500 milles entre le 1er et le 8e, Timothé Polet (ZEISS). Pour eux, l’enjeu est d’aller vite sans casser les bateaux car ils vont devoir traverser l’anticyclone qui continue de pousser. Ils bénéficieront de conditions plus faibles que les IMOCA, ce qui qui retarde l’ETA des premiers », poursuit le Directeur de Course. A noter qu’Amélie Grassi (La Boulangère Bio), auteur d’une très belle course depuis le départ, a dû ralentir fortement cette nuit. Dans un départ à l’abattée, la grand-voile de La Boulangère Bio s’est déchirée sur une large surface la contraignant à ralentir le monocoque pour établir un premier état des lieux. Malgré cette avarie, Amélie, actuellement 7e de la flotte, poursuit sa course.


© DR


L’heure des choix ne sonnera que dans 24 heures pour les Class40, avant de laisser place à une belle régate jusqu’à l’arrivée. Avant de choisir par où passer dans cette zone où le vent est plus faible, l’important pour les marins est de « préserver leur bateau et ne pas faire de bêtise tout en filant tout droit vers la ligne d’arrivée », où le premier pourrait arriver le 9 mai aux alentours de 22h TU. 


Comment suivre l’arrivée de The Transat CIC ? 

La ligne d’arrivée de The Transat CIC se situe à 110 milles de New York et non devant la skyline de Manhattan, afin de veiller à l’intégrité des bateaux. Il s’agit en effet d’une zone à très forte affluence maritime mais aussi d’un endroit où la densité de mammifères marins est très conséquente. Une fois la ligne d’arrivée franchie au large, les bateaux rentreront à vitesse faible dans un couloir jusqu’à New York ou Newport, là où sont situés les marinas qui les attendent. Ils devraient mettre à minima dix heures avant de toucher terre. Les marins auront ensuite la possibilité de venir en baie de New York et de contourner la Statue de la Liberté s’ils le souhaitent avant d'aller s’amarrer à One 15 (Brooklyn) à Moonbeam (entrée de la baie), ou à Newport plus au nord dans le Rhode Island. 

Si les pontons ne seront pas ouverts au grand public, les bateaux seront néanmoins visibles depuis la berge et la côte.

C’est à proximité de la marina de Moonbeam, au Yacht Club de Miramar, partenaire de la course, que seront installées toutes les équipes logistiques mer et la direction de course.


Toutes les équipes de The Transat CIC sont mobilisées pour faire vivre à tous l’arrivée au plus près. Les réseaux sociaux et le site internet de la course permettront de tout savoir sur l’heure de passage, les positions de chacun et de découvrir les premières réactions des marins. Un live vidéo, disponible sur le site, YouTube et les réseaux sociaux, sera également proposé lors de l’arrivée des trois premiers à New York, le contournement de la Statue de la Liberté et leur émotion aux pontons. Ce dispositif sera également reconduit pour l’arrivée des Class40.


Pour suivre le live des arrivées, c'est ici.


Ils ont dit : 

Fabien Delahaye (LEGALLAIS, Class40) : « La nuit a été engagée avec beaucoup de vent, des rafales à quasi 40 nœuds. Le début de nuit a été super rapide. Il a fallu un moment dire stop pour préserver le bateau. Il y avait des impacts un peu violents à chaque vague. On a battu des records de vitesse du bateau  : 27, 27,7, 28,4 nœuds de vitesse. Ce sont des moments où le sifflement devient si aigu qu’on se demande comment va être l’atterrissage. J’ai préféré rouler le gennaker et repasser sous J1 à un moment parce que ça ne devenait plus raisonnable. Le vent est super instable. Sinon tout va bien à bord, on est régulièrement à plus de 20 nœuds, ça fait de belles moyennes. Il va falloir s’appliquer pour essayer de revenir. Ambrogio n’a pas vraiment subi cette molle, avec Ian on a vraiment été arrêté un moment. Ian n’est pas très loin devant. Tout est possible jusqu’à l’arrivée. On a un bon matelas par rapport à ceux qui sont derrière. Ambrogio est très loin devant et Ian est à portée de tir, ça peut faire une belle fin de course. »


Ian Lipinski (Crédit Mutuel, Class40) :  « On arrive dans une zone où il commence à faire très froid. On est sorti par le nord de la zone de courant du Gulf Stream. On récupère du courant qui arrive du nord. On a perdu 15 degrés depuis hier. On est enfermés dans le bateau pour ne pas prendre trop froid. Il y a eu clairement un tournant en arrivant au cœur de la dépression il y a deux nuits. J’ai éclaté mon petit spi qui était un peu l’arme fatale du bateau et perdu un atout certain qui m’a mal handicapé. Mais là, les conditions sont tellement “pourries” que je me débrouille bien sans. Quand Ambrogio m’a doublé, c’est une voile que j’aurais bien aimé avoir. Je suis sur un rythme différent de la première moitié de course. Il s’agit pour moi d’arriver, d’arrêter de casser plein de choses, de faire plein de conneries. Je n’ai plus les ressources que j’avais la première semaine. Psychologiquement, on se dit qu’on est en train de passer le dernier truc un peu chaud. On se va reprendre probablement un front mais ça ne va pas être très long. Cette nuit, j’ai affalé à un moment, je trouvais que c’était trop chaud. Il y a une vague qui a déferlé dans le bateau. J’ai préféré mettre la course entre parenthèses et me dire que ce n’était pas raisonnable d’aller à fond. Tout va bien, le bateau va à plus de 20 nœuds, mais s’il y a un accroc, un surf qui se passe mal, ça peut se finir d’un coup. J’ai préféré être raisonnable quitte à perdre pas mal de distance sur Ambrogio. On va vers du vent mollissant, du froid, puis une autre transition et l’approche d’un front de sud-ouest mais quelque chose de pas bien gros. Je pense qu’on va pouvoir le remettre dans un mode un peu plus course/performance. Je suis à fond mais j’ai mis le curseur là où je me sentais capable de le mettre. »


© Christophe BRESCHI


Justine Mettraux (Teamwork - Team Snef, IMOCA) : « Cette nuit n’a pas été facile. J’ai essayé de bien me reposer hier mais les conditions sont tellement instables que c’est compliqué de dormir. Ce matin c’est plus simple alors j’en profite. Je me prépare à nouveau à aller chercher de grosses conditions. Côté navigation, ça n’a pas été simple non plus. Avec Boris (Herrmann, ndlr) on s’est retrouvés bloqués assez longtemps sous un nuage. On a donc vu certains partir et d’autres s’échapper, on va essayer de se refaire sur la suite ! »


© DR



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