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Amélie Grassi (La Boulangère Bio), 7e de The Transat CIC en Class40 (avant jury)




SA COURSE EN CHIFFRES

Heure d'arrivée : 02h00 27'' (heure française)

Temps de course : 13 jours, 12 heures, 30 minutes et 27 secondes

Distance parcourue :  3342,36 milles nautiques

Ecart avec le premier : 1 jour, 20 heures, 12 minutes et 32 secondes

Vitesse moyenne (sur l’orthodromie) : 9,09 noeuds


« C'est trop bizarre, ce petit passage de ligne en solitaire au large, mais je ne suis pas mécontente de la passer quand même. Je retiens un départ d’exception. Je crois que j’ai passé la première marque en tête. J’étais dans le feu de l’action donc je ne suis pas sûre. J’étais bien contente de pouvoir mettre en valeur mon bateau et La Boulangère Bio sur ce joli départ à la maison. Après, je me suis rapidement sentie bien à bord. Je mettais de l’intensité, mais à mon rythme quand même. J’étais dans le paquet de tête mais je ne jouais pas aux avant-postes parce que je mettais un petit peu moins de charbon. J’avais réussi à trouver un bon rythme où je sentais où j’arrivais à être actrice de la course tout en étant raisonnable dans mes choix parce que je savais que la course allait être longue pour le matériel. Le premier petit front s’est bien passé, c’était exigeant et violent niveau vie à bord mais c’était top. Après, dans la dépression suivante, on a fait du portant. Je n’en avais jamais aussi longtemps dans du vent aussi fort. Au début, j’étais un peu impressionnée par ce que j’étais en train de faire mais le corps n’est pas si mal fait et on s’habitue. Au début, je me disais que c’était quelque chose de super bourrin où je n’allais jamais réussir à me tranquilliser, mais au final on trouve le rythme. Et il y a eu un épisode malheureux. Dans une grosse vague, le bateau a fait un départ à l’abattée. Malheureusement, quand je suis sortie, j’ai trouvé la grand-voile déchirée. C’était un peu chaud, déjà rien que pour l’affaler, ça m’a pris beaucoup de temps. Dans 35 nœuds toute seule, ce n’était pas évident. Sur le moment, je n’ai pas été trop abattue. Après, j’ai navigué 48 heures sans grand-voile à essayer de repérer le créneau où j’allais pouvoir intervenir. Pendant ces deux jours-là, l’adrénaline est un peu redescendue. Je crois que ça a été les deux jours les plus compliqués de la course. C’est le moment où j’ai pris conscience que j’étais en train de dire bye-bye à l’aspect sportif. C’était un peu dur parce que je m’étais bien battue, que j’avais encore des choses à dire et faire. Dès que le créneau s’est présenté, j’ai commencé à bosser pendant 10-11 heures intenses. J’ai eu la satisfaction de pouvoir repartir. J’étais contente. Avant de partir, je savais que cette course était difficile. Il s’est passé des choses tous les jours du départ jusqu’à l’arrivée. On ne s’est jamais arrêtés. Je pense que je suis déjà bien chanceuse que l’océan m’ait laissé passer. C’est une course où j’ai appris beaucoup de choses. Stratégiquement, ça m’a permis de mettre en place des choses que je n’avais jamais faites. J’ai appris aussi plein de choses aussi sur le comportement de mon bateau, la façon dont je navigue. Après, c’est dur de mettre des mots sur tout ce qu’on a vécu, ressenti, traversé. C’est sûrement une étape majeure dans mon parcours de navigatrice. Il va me falloir un peu de temps pour digérer l’épreuve et comprendre tout ce que je vais réussir à tirer de tout ça. Je finis 7e. J’avais dit que j’aurais bien aimé être dans les 5. Je ne finis pas si longtemps que ça après mes petits camarades alors que j’ai passé deux jours sans grand-voile. Ma foi, soit, le résultat n’est pas celui que j’espérais, mais au regard de la course et de la montagne qu’est cette transatlantique en solo, je suis assez contente, hyper fière. C’est encore une course où j’ai été fidèle à mes valeurs et à celles de La Boulangère Bio. Même dans la panade, on a toujours des solutions. Franchir cette ligne d’arrivée à New York, ce n’est quand même pas rien. C’est un super accomplissement pour le bateau, pour moi et pour le projet qu’on mène ensemble depuis quatre ans. Je suis sacrément contente d’être là ! »




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