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Anatole Facon (Good Morning Pouce) : « il faut toujours y croire et ne rien lâcher »

Dernière mise à jour : il y a 3 jours


© Valentin Lauféron

Dernier Class40 encore en course, Anatole Facon (Good Morning Pouce) poursuit sa route vers New York. Si son avarie de safran survenue l’a empêché de rivaliser avec le reste de la flotte sur le plan sportif, le jeune marin prend les choses avec philosophie et affiche un moral au beau fixe.

 

Tu es passé la nuit dernière sous la barre des 1000 milles à parcourir avant l’arrivée. Dans quel état d’esprit es-tu ?

Je suis dans un super état d’esprit. Je suis très content d’être ici à ce niveau-là de la course. C’est vraiment génial de naviguer dans ces coins-là. C’est assez dépaysant, et les situations météo sont assez particulières. Je suis dans un état d’esprit un peu de découverte et de voyage. C’est super de naviguer vers l’Amérique du Nord. J’arrive sous la zone d’exclusion de Terre-Neuve. Le vent me porte bien. Je suis sous spi, j’avance sur la route à 12 nœuds. Je suis très concentré parce que je dois aller le plus vite possible.


Tu as rencontré des problèmes techniques pendant la course…

La 3e nuit de la première semaine de course, j’ai cassé la tête de safran en arrivant dans un front à l’ouest de l’Irlande. Le safran s’est arraché. J’ai réussi à le rattraper parce qu’il était encore maintenu par un bout. Ensuite, rapidement, avec mon équipe, on s’est mis d’accord pour faire une escale et repartir donc j’ai mis le cap vers la Bretagne, que j’ai essayé de rallier le plus vite possible toujours en course. Je suis arrivé à Concarneau le vendredi matin. On m’attendait. On a réparé en express pendant 30 heures. Je suis reparti le samedi soir. Je n’ai pas abandonné parce que pour moi, c’était inenvisageable. Je suis parti une semaine après les premiers. La situation météo n’était pas méga favorable, j’étais dernier, tout seul à repartir. C’était un moment délicat, un point pivot de la course pour moi mais je me suis accroché et j’ai fait route.

 

Tu le dernier Class40 encore en course. Qu’est-ce qui continues de te motiver au-delà de l’aspect sportif ?

 Ça ne me pose pas de problème d’être le dernier Class40 en course, ce n’est pas le sujet au vu de l’aventure que j’ai vécue et l’escale que j’ai faite. J’ai l’impression que ça fait un mois et demi que je suis parti de Lorient avec tout ce qu’il s’est passé et tous les systèmes météo rencontrés. Par contre, ce qui me motive terriblement à continuer, c’est que mon programme cette année est de faire des records en Class40 et donc de courir contre le temps et non pas des concurrents. Ma prochaine échéance est de faire l’Atlantique Nord en solitaire entre New York et Ouessant. Il fallait absolument que j’emmène le bateau à New York et quoi de mieux que de se fixer la deadline du 20 mai pour se préparer au mieux ! Si l’aspect sportif contre les autres concurrents n’est plus là, je courre contre le temps, je trouve des ressources encore plus fortes qu’avant et je suis encore plus à fond.

 

Quelles conditions météo t’attendent jusqu’à la ligne d’arrivée ?

Pour les derniers jours de course, les scenarii s’enchaînent plutôt bien. Après avoir passé une tempête avec un front au près, un schéma assez classique mais assez violent, j’avais peur de me retrouver dans une situation similaire là où je suis maintenant, mais finalement, ça s’enchaîne plutôt bien avec des vents portants, une dorsale à passer et une arrivée ce week-end sur la côte est des Etats-Unis avec des vents plutôt favorables. Ça va être plutôt ventilé dont plutôt pas mal. Des derniers jours vont être inscrits sous le signe de la concentration et de la perte du moins de temps possible parce que chaque mille et chaque minute sont comptés.

 

Penses-tu pouvoir arriver avant la fermeture de la ligne d’arrivée le 20 mai prochain?

Je vis, je dors et je mange en ne pensant qu’à ça. Je ne lâche rien, pas une minute. Je suis encore plus à fond pour la moindre manœuvre que si je me battais contre des concurrents pour essayer d’arriver avant la fermeture de la ligne. Pour le moment, je ne me prononce pas trop mais tout est possible. Il faut toujours y croire et ne rien lâcher. C’est ce que je fais depuis le début. La fermeture de la ligne, c’est un nouveau paradigme dans lequel je m’engouffre. J’absorbe toute cette substance qu’est le temps et je vais tout faire pour arriver avant.  

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