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Goulven Marie : « j’ai essayé de récupérer la bôme et un morceau du mât pour le futur gréement de fortune »


Goulven Marie (QWANZA) évoluait en 11e position dans 25 nœuds de vent quand son Class40 a démâté à le 2 mai dernier, alors qu’il venait de mettre deux ris dans sa grand-voile. Arrivé à bon port à Lorient, le skipper revient sur sa mésaventure, qu’il a géré en excellent marin.

 

Peux-tu revenir sur les circonstances de ton démâtage ?

Ça s’est passé au 4e jour de course. Il y avait 20-25 nœuds de nord-ouest avec quelques grains. Je venais de virer pour aller chercher une rotation de nord. Une fois le bateau relancé, je suis rentré et l’instant d’après, le mât est tombé après un léger craquement. C’est le lashing d’étai qui a cédé. Avant toute chose, j’ai appelé la Direction de Course et envoyé un message à ma compagne.

 

Tu as dû construire un gréement de fortune en mer, comment t'y es-tu pris?

Heureusement, j’avais embarqué une disqueuse, ce qui m’a permis de couper le rod (les câbles) en un temps record. Comme ma fille qui, a une époque, disait au revoir à tout en quittant une pièce, je me suis surpris à dire au revoir à chaque élément : « au revoir drisse qui n’a jamais servi », « au revoir les aériens que j’aimais bien… » Ça m’a fait sourire après coup car ce n’est pas dans mes habitudes de parler tout seul. En m’appuyant sur les expériences malheureuses sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, j’ai essayé de récupérer la bôme et un morceau du mât pour le futur gréement de fortune. A 550 milles du bord, ne rentrer qu’au moteur n’était pas envisageable. Une fois les entraves coupées et sur les conseils de Francis (Le Goff, Directeur de Course), j’ai pris le temps de me poser dans le bateau pour réfléchir à la suite. Après quelques tentatives, la meilleure technique pour redresser la bôme a été de la monter en biais, en moulinant avec les winches sur un haubanage de drisses récupérées.

 

Tu as ensuite passé une semaine en mer sous gréement de fortune. Comment ça s’est passé ?

Le J 3 (tourmentin) sur le nouvel étai ne suffisant pas, j’ai découpé un morceau de grand-voile en faisant une « corne » façon Pen Duick pour augmenter la surface de voile. Au final, avec les bonnes conditions, le bateau avançait à 5 nœuds. Par contre, la vitesse n’étant pas suffisante pour le stabiliser, j’ai pris des bons vols à l’intérieur. Les journées étaient occupées entre répondre aux nombreux messages de soutien, méditer sur l’aléatoire et l’injuste de ce sport et trouver une solution pour le nouvel espar. En ça, Julia, à qui il était arrivé la même mésaventure, a été d’une aide plus que précieuse.

 

Tu as fait deux escales dans des ports bretons avant de regagner Lorient, ton port d’attache…

La fin du parcours a été moins ventée, notamment pour passer le rail des cargos donc j’ai entamé mes réserves de gasoil. Le CROSS Etel, qui avait pris le relais du CROSS Gris Nez, prenait ma position régulièrement. Je me suis rapproché d’un chalut, « Liou an Amzer », dans la baie d’Audierne, qui m’a offert 20 litres de carburant pour rejoindre Loctudy. L’accueil des plaisanciers a été des plus chaleureux, QWANZA ayant eu le droit à se séance photo.




 

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