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Les rois du suspense !

Dernière mise à jour : 4 mai

Alors qu’il reste près de 1400 milles à parcourir et que les derniers jours ont été particulièrement éprouvants, la bataille pour la victoire et les places d’honneur est toujours aussi intense. Chez les IMOCA, la tête de flotte va pouvoir accélérer tout au long de la journée. Yoann Richomme (PAPREC ARKEA) a conservé les commandes de la course depuis hier après-midi. En Class40, Ian Lipinski (Crédit Mutuel) mène les débats mais les écarts restent très faibles.

©PolaRyse

Une débauche d’effort, une dorsale à négocier, des conditions instables, des virements vers l’Ouest, la fatigue qui s’accumule, la crainte permanente de la casse et de l’avarie... Ces dernières heures de course ont eu l’effet d’une machine à laver dont il était impossible de s’extraire, un fil tendu vers le vide et le chaos. On en a presque oublié de relever les compteurs : car en ce vendredi matin, les IMOCA ont déjà parcouru plus de la moitié de la course et les Class40 pourront bientôt en dire autant. Néanmoins, malgré cette débauche d’énergie et cette résistance exacerbée, tout reste à faire. « Ça régate beaucoup, l’engagement est total et les écarts sont infimes depuis le début », s’enthousiasme Francis Le Goff à la direction de course. Un régal pour ceux qui suivent leur progression depuis la terre, un sacré casse-tête pour les marins à bord.

 

« Plutôt à fond qu’en mode tranquille » (Charlie Dalin)

 

Chez les IMOCA, la flotte avait retrouvé celui qui faisait toujours figure de favori : Charlie Dalin. En l’absence de Thomas Ruyant et après l’avarie de Jérémie Beyou, le skipper de MACIF Santé Prévoyance a démontré qu’il n’avait rien perdu de son meilleur niveau. « Je suis plutôt en mode à fond qu’en mode tranquille », reconnaissait-il hier soir, ravi de la bataille du moment. Parce que Charlie n’est pas tout seul. Yoann Richomme (PAPREC ARKEA), qui aime tant donner un coup d’accélérateur quand la fatigue générale se fait sentir – un acquis de ces années Figaro (il a remporté deux Solitaire du Figaro), a pris les commandes de la course hier après-midi. Paul Meilhat (Biotherm, 3e) dans son Sud, Samantha Davies (Initiatives Cœur, 4e) et Boris Herrmann (Malizia – Seaexplorer) sont en embuscade.

 

« Mon moral est au beau fixe, j’ai un placement qui me plait bien », assurait Yoann hier soir. On va tout faire pour conserver cette place de leader jusqu’au bout même s’il y a beaucoup de jeu jusqu’à l’arrivée ». Charlie Dalin porte le même constat sur la suite :  « même si nous devrions en avoir fini avec le vent  très fort, il y aura beaucoup plus de manœuvres qu’en première partie de course, ce ne sera pas forcément le plus reposant ».

 

Après être passé à proximité du centre de la dépression cette nuit, la tête de course devra réaliser un long bord de travers. « Ils vont avoir moins de vent aujourd’hui et surtout un état de mer moins important, explique Francis Le Goff. Ça explique que les vitesses ont sérieusement augmenté. Ça va être une journée à haute vitesse ! »

 

La journée d’hier a eu son lot d’avaries et de mauvaises nouvelles. On a ainsi appris que Benjamin Ferré (Monnoyeur – Duo for a Job), pourtant 14e de la flotte avait été victime d’un problème technique l’obligeant à se dérouter vers le port le plus proche. De son côté, Aurélien Ducroz (CROSSCALL) a décidé d’abandonner suite à la casse de l’étai de son J1 et de la perte de son J2. « Le choix a été fait de rentrer à Lorient afin de préserver l’intégrité du bateau », a-t-il confié.

 

« Ça va être chaud » (Ian Lipinski)

 

Chez les Class40 justement, la tête de flotte bataille avec ceux qui composent la queue de peloton des IMOCA. Ian Lipinski (Crédit Mutuel), lui, a le sourire. « Ça a été un grand plaisir d’arriver dans la dorsale, de choquer les écoutes et d’envoyer le spi après quelques jours où ça tapait beaucoup ». Les écarts restent très faibles : Ambrogio Beccaria (Alla Grande Pirelli) pointe à 25 milles, Fabien Delahaye (LEGALLAIS) à 27 milles, Nicolas d’Estais (Café Joyeux) à 58 milles.


« On a réduit la toile pour éviter les sorties de route. Ça va être chaud, au portant avec 35 nœuds de vent, des rafales... Ça va aller vite, ce sera un peu stressant », reconnaît Ian Lipinski. « Ils ont toujours de l’air mais ont globalement levé le pied, décrypte Francis. Ian a un léger avantage mais la lutte est totale. Les routages ont ralenti un peu, leur arrivée devrait être encore plus compliqué que les IMOCA en font de course. Ce vendredi, ils vont conserver du vent, de la mer et des conditions un peu inconfortables. Ça va encore être rapide ! »

 


Côté catégorie Vintage, la belle progression de Patrick Isoard (Uship pour Enfants du Mekong) - qui n'a jamais été aussi rapide depuis le départ - et Rémy Gerin (FAIAOAHE) qui pointent encore à 2 200 milles et à 2 400 milles de l’arrivée. Enfin, malgré l’énergie déployée ces derniers jours, les marins ont le don, toujours, d’insister sur le positif. Enfin, la leçon d’enthousiasme du jour est venue d’un message de Sam Davies (Initiatives Cœur), particulièrement bien placée parmi les outsiders : « après le vent fort, place au soleil ! J’étais même obligé de mettre de la crème solaire ; j’ai pu me laver et me changer (il était temps) ; J’ai retrouvé mon duvet donc la sieste est royale ». Il y a des petits bonheurs, comme ceux-là, qui n’ont décidément pas de prix.  

 


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