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LE CAP DES DEUX SEMAINES DE COURSE

“« Plus que trois jours, donc le moral est regonflé et on va s'appliquer à faire progresser le canot ! » Érik Nigon”


16.05.2016


Deux arrivées au menu ce lundi dans des conditions musclées, tandis que les écarts se resserrent entre les deux Multi50 de l'arrière


Ce lundi sonne l’heure des deux semaines de course pour les onze solitaires de The Transat bakerly, toujours en route vers la ligne d’arrivée. À New York, on attend aujourd’hui l’arrivée de Lalou Roucayrol (Arkema) et Paul Meihat (SMA) qui doivent en finir, avec quelques heures d’intervalle, en Multi50 et IMOCA. Mais plutôt que de savourer ces derniers milles, les deux navigateurs doivent composer avec des conditions qui se sont bien dégradées aux abords des côtes américaines : vents d’ouest-nord-ouest de plus de 25 nœuds avec des rafales de l’ordre de 40 nœuds sur une mer très agitée. C’est donc au près et dans la « brafougne » que ces deux skippers doivent livrer leur ultime bataille !


Du rififi chez les tris ?


Pour leurs poursuivants les plus plus proches par rapport au but, Pierre Antoine (Olmix) et Érik Nigon (Vers un monde sans sida) engagés en Multi50, cette journée pourrait être celle d’un bouleversement dans le classement. Moins de 15 milles les séparent ce matin et le second, qui bénéficie de conditions difficiles mais moins rugueuses, ne cesse de reprendre du terrain. Le bulletin du jour de Meteo Consult confirme cette évolution sur le plan d’eau : « les deux derniers Multi 50 sont contraints de tirer des bords et de rallonger leur route puisque le vent d’ouest-nord-ouest est dans l’axe de la route directe pour Manhattan. Érik Nigon, décalé dans le sud a des conditions de mer et de vent un peu moins musclées que Pierre Antoine qui subit un vent proche de 25 à 30 nœuds avec de fortes rafales. »


Pour autant, ce dernier, aux prises avec les caprices de son pilote et privé d’aérien, ne doit pas ménager sans peine, même si la perspective d’en finir à l’horizon des trois prochains jours lui donne forcément du cœur à l’ouvrage.


Érik Nigon (Vers un monde sans sida) : « Problème de pilote automatique dont le vérin s’est décroché et frayeur dans la nuit quand le bateau est parti à l’envers et à empanné tout seul. Heureusement, j’ai mis des bouts de sécurité pour ne pas sortir du rail et j’ai pu aller refixer le vérin pour repartir vers NY.

Les décroches de pilote sont toujours dangereuses, là c’est la deuxième après celle où j’a perdu l’aérien. Le bateau n’étant plus barré, le temps que je le comprenne, il part au lof ou à l’abattée. C’est un coup à se retrouver sur le toit, ou en tout cas d’abîmer du matériel. Plus de peur que de mal, mais deux fois, ça va !Après une belle journée au vent de travers - le bateau est secoué comme à la fête foraine, car il y a du vent et donc des vagues ! - nous allons commencer à faire du près, jusqu’à 30 nœuds toujours.

Ça va être plus facile au niveau équilibre du bateau, car on enroule les vagues au lieu de les sauter (on va moins vite), mais il faut être très précis pour remonter au vent et donc ou barrer ou ajuster le pilote en permanence… Pas facile de faire même des siestes de 10 min ! Avec l’aérien, on aurait pu mettre « le mode vent », afin de garder un angle constant au vent réel ou apparent, mais il là y en a plus, donc ça va être café et pâtes de fruits.

Plus que trois jours, donc le moral est regonflé et on va s’appliquer à faire progresser le canot ! »

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